Renouvellement
Sandrine Martin, candidate socialiste pour Poitiers VI, tenait sa dernière réunion publique hier soir, au même moment que plusieurs de ses adversaires. Un discours attendu qui lui a permis de démontrer sa
solide connaissance du canton, des besoins des habitants et de croire à un changement politique à Poitiers VI le 16 mars prochain.
Pas un des ténors ne manquait à l'appel. Jacques Santrot, maire de Poitiers, Anthonny Siraut, maire de Biard, Catherine Coutelle, députée de la circonscription, Alain Claeys, Bernadette Vergnaud, Danièle Rieupeyroux, candidate en 2001 à cette élection, tous avaient consacré leur soirée à cette candidature.
Dans l'école primaire de Montmidi - "un symbole pour montrer notre priorité donnée à l'éducation" selon l'équipe de campagne - 150 personnes sont venues encourager la jeune candidate. On comptait plusieurs couples dont les enfants participaient à l'atelier lecture mis en place dans la salle d'à côté pour l'occasion. "Un truc de bonne femme pour certains" dénonce la candidate, elle aussi mère de famille. "Bien au contraire, c'est une des choses simples qui vont dans le sens de l'égalité hommes-femmes et d'une participation plus forte des citoyens au débat politique" renchérit-elle avant de s'engager à renouveler l'expérience pour toutes ses réunions publiques.
Les intervenants fustigent "une majorité départementale usée et un système UMP replié sur lui-même". Sur le développement économique, sur les déplacements, etc... impensable que les collectivités ne travaillent pas ensemble. "Ils refusent" martèle Jacques Santrot. "Ailleurs, à Grenoble, à Lyon, en Bretagne, etc, malgré les divergences, lorsqu'il faut défendre un territoire, tout le monde va dans le même sens" témoigne Catherine Coutelle.
Pendant une heure, la candidate est poussée, encouragée par les élus qui soulignent ses qualités humaines, sa "campagne dynamique". "Elle a tout compris" lance Alain Claeys. Le camp adverse est ignoré. Tout juste la députée Catherine Coutelle rappelle que "Blanchard c'est Chamard. La volonté de changement qui s'est exprimée aux législatives ne peut se confirmer que par un vote pour Sandrine Martin dés le 9 mars."
Un discours attendu
Au tour de Sandrine Martin, confiante, souriante dans une robe noire et blanche. "On m'a conseillé de rester moi-même. Alors ce qui suit, c'est moi, ce à quoi je crois, ce que je vous propose." avertit-elle. L'assistance n'est pas déçue. La jeune femme est passionnée. "Traditionnellement réservée à un homme blanc, d'âge mur, cumulant plusieurs mandats, cette élection n'était pas pour moi. Mais j'ai voulu défendre un autre vision de la politique. Et vous m'avez suivi". "J'ai aimé cette campagne, ces rencontres sont riches. Je veux être utile" continue t-elle avec enthousiasme et sans oublier un clin d'oeil à son équipe. "Ce sera une victoire collective".
Rigoureuse, précise, elle démontre sa connaissance du canton et fait partager ce qu'ont lui ont dit les habitants. Plus de 850 personnes rencontrées au porte-à -porte, 200 dans les réunions publiques. "Le Conseil Général fait le minimum. Dans ses compétences obligatoires, il remplit à peine ses obligations légales. Pas d'ambition, pas d'innovation. Pas de solidarité." poursuit-elle. "Aujourd'hui le Conseil Général fait tellement peu pour les habitants que personne ne sait à quoi il sert. C'était la première difficulté dans cette campagne. J'ai cherché à montrer que nous pouvions faire plus et mieux."
Lutter contre les inégalités
Elle décline les priorités de son action. Son projet : "s'attaquer aux inégalités qui s'aggravent". Mais pas trop tard. Avant même qu'elles ne se créent. "C'est cela l'égalité réelle. Réparer c'est bien mais c'est souvent coûteux et peu efficace. Il faut agir avant." Et donner plus à ceux qui ont moins. Accompagnement éducatif. Schéma départemental de la petite enfance. Autonomie pour tous. Renforcement de l'action en faveur des personnes en situation de handicap. Plan départemental de déplacement. Les propositions s'enchainent. "Je ne vous donnerai pas de chiffres. Annoncer 10 000 places en crèche serait hasardeux. Ce que nous ferons, nous le ferons avec les partenaires - la CAF dans cet exemple - et les autres collectivités. Je vous propose un chemin et une méthode."
Sandrine Martin se veut à la fois ambitieuse et prudente. Elle sait que demain, elle devra rendre des comptes. La "transparence dans l'action politique" est "une exigence quotidienne".
J'ai besoin de vous
Impossible pour la militante socialiste de terminer sans un mot sur le contexte national. "Les dérapages verbaux ou autres extravagances sont l'arbre qui cache la forêt. Il y a bien plus grave". Pour elle, "le plan Espoir-Banlieue par exemple, dont la presse n'a que trés peu parlé, est révoltant." Elle dénonce le choix du vocabulaire employé, "méprisant pour les jeunes". Et les propositions qui symbolisent la "société made-in-UMP que l'on nous construit".
On l'a compris, Sandrine Martin appelle à un triple message dans les urnes, une triple exigence. "Un renouvellement politique et une action différente sur Poitiers VI, une nouvelle majorité dans la Vienne, et un message forte contre le gouvernenemt de Nicolas Sarkozy". "J'ai besoin de vous. Aucune voix ne devra manquer. Nous avons besoin de vous" répète t-elle.
Il est 21h. Les enfants ont enfilé les pyjamas. Le jus de fruit - issu du commerce équitable - est servi. "On a envie d'y croire" confie une habitante de Biard. "Elle nous a plus que convaincu. Je suis surprise". Un échange avec les habitants que Sandrine Martin et son remplaçant entendent prolonger jusqu'au dernier jour. Pour qu'aucune voix ne manque.